Julien de retour d’Hawaï

Le blog de France 3 consacré au monde du cyclisme et tenu de main de maître par le passionné de petite reine Jean-Luc Gantner revient aujourd’hui sur l’aventure de Julien. A travers un papier très sympa et après avoir pu, échanger avec Julien via Skype encore sur l’île pour quelques heures, le journaliste de France 3 avait présenté l’aventure lors d’un reportage diffusé fin août (à revoir ici).

Pour lire le reportage complet de Jean-Luc Gantner cliquez sur l’image

 

 

 

 

 

 

Julien et Frank, qui l’accompagnait dans cette aventure, seront de retour en France samedi. Leur arrivée est prévue vers 20 h 40 à la gare de Lure, si vous en avez la possibilité vous êtes tous cordialement invités à venir les accueillir sur le quai.

Prangins 2, le retour ! (4/4)

L’année dernière, en tête en vélo, j’avais raté ma course en me trompant sur un parcours mal fléché, la tête dans le guidon. Organisateurs fair-play, inscription 2012 offerte. Dernière manche du circuit européen 2012, dernière course de la saison avant Maui et une 2ème place sur le podium européen à conforter. Pression palpable.

Au départ natation, l’eau est à 19° et la combinaison autorisée, je me place tout à droite et j’essaie de prendre les bonnes jambes sans prendre de coups. Mission réussie, je mène le second « paquet » mais à quelques mètres de la tête qui s’éloigne inexorablement. Trop rapide. A la transition je sors 35ème, un grand vide devant moi. La remontée à vélo commence, j’ai les jambes, le parcours est roulant, le 29’’ fait merveille. Je fais la course avec deux gars qui envoient, mais dans le 2ème tour je calme le jeu, trop forts pour moi. Je dois gérer et m’alimenter pour la transition à pied. Je pose le vélo 15ème. Je prie pour avoir des jambes. C’est le cas pendant 4 kilomètres et puis l’énergie s’évanouit. Je connais trop bien cette sensation, à la recherche du souffle perdu. Ne pas s’énerver, se détendre… et faire pipi. Quelques minutes plus tard, la fusée orange Anthony Philippe me double, petite claque sur la fesse accompagnée d’un « allez Julien ! ». C’est le signal, je redémarre, je prends la roue d’un relayeur et je ne lâche plus rien. Le seul qui me doublera est un suisse allemand de 1m90 qui chausse du 48 et court à mach3. L’honneur est sauf. J’ai les jambes et je fonce vers l’arrivée.

Verdict: 18ème au scratch. Meilleure performance de l’année. Pour le reste il faut attendre les calculs. Je me restaure, je vais au massage puis à la douche et je commence à manger avec Franck et deux gars de Pontarlier. Les podiums sont annoncés. Je suis nerveux, les copains rigolent. « Détends-toi ma poule la course est finie ».

C’est à moi. 2ème dans la classe d’âge, je confirme en étant régulier. Mais la surprise vient après. Après 5 manches et avec 1 point d’avance sur le second, je suis CHAMPION D’EUROPE. Incroyable. La récompense est aussi énorme que l’émotion.

 

Le championnat jurassien de triathlon

Après avoir fait une course « champêtre » à Asuel en 2011 qui m’avait bien plu, Franck m’a proposé cette année de faire le championnat complet : 7 courses, format découverte (0.5/20/5km) avec du VTT sur les 3 premières et de la route sur les 4 dernières, de la bonne humeur, pas d’arbitres, une organisation qui semble légère mais c’est juste un esprit, plutôt cool, très populaire en fait. Pour tous. La compétition bon enfant, un juste mélange de sport, de performance et de sympathie entre tous les participants. Le sport qui rend meilleur.

Tramelan, Boncourt, La Neuveville. Dès la première manche je comprends que j’ai mes chances : 3 courses, 3 podiums. Le VTT m’avantage. Coupure en juillet et retour en août pour les deux dernières manches, St Imier et une 3ème place sous le soleil, et la Chaux-de-Fonds qui clôt le championnat sous la pluie et dans le froid. En partant je n’y crois pas trop, je suis enrhumé depuis 1 semaine, ce qui n’a rien gâté à Contrexéville où j’ai fait une img320_dxobonne course. Je suis un peu fatigué aussi. Ne pas se fier aux apparences, ne pas en parler aux autres, c’est vexant quand finalement on est en forme. Et pour cause.

Franck me dit de ne pas prendre de risque, d’assurer ma 2ème place au championnat. Je réponds comme d’habitude : « on s’en ballec, à fond ». Dont acte.

Première place élite (on se la pète un peu) devant Romain Christe, mieux qu’un adversaire, un gentleman qui pousse le comble de la gentillesse jusqu’à me proposer avant la course d’aller reconnaître avec lui le départ en vélo qui est piégeux. Respect.

Pour l’anecdote, la course fonctionne comme un contre la montre avec départ en aveugle toutes les 20 secondes, on ne connaît le classement que 5 minutes avant la remise des prix, suspense assuré. Et explosion de joie.

Ce championnat a une saveur particulière pour moi, celle de l’effort partagé et consenti, du bon esprit, de l’insolite et de l’amitié. La réussite n’en est que meilleure.

Les manches du X-Terra (3/4)

AOÛT 2012 : Zittau en Allemagne, aux frontières de la Pologne et de la Tchéquie, rebelotte ! 

Niveau plus dense, moins de participants (250 contre 600 à Xonrupt). Le site est beau et calme, un petit lac bordé de plages de sable et de bouleaux, une belle organisation avec le sens de la fête des Allemands et un public très enthousiaste.

Toujours les mêmes au départ, Olivier Marceau le ténor, Nicolas Lebrun le performer régulier, les frères Shaw qui font le show, et un petit français de 20 ans, Marvin Gruget, vététiste, que nous rencontrons à l’auberge avec son père et avec qui nous sympathisons rapidement. La météo est bonne, seul bémol, la combinaison est interdite avec une eau à 21°, pas dramatique mais le manque d’entraînement en bassin en juillet/août me fait ralentir la cadence et perdre du temps.

La natation se passe moyennement encore une fois mais une bonne transition et de bonnes sensations en VTT me redonnent espoir. Le parcours VTT est magnifique, des parties roulantes sur chemin et en sous-bois, des parties très techniques et cassantes en montées et descentes et tout un singletrack autour d’un sommet où je me régale avec deux autres concurrents armés comme  moi d’un 29 pouces. A fond, le plaisir est maximal. Mais à ce train-là on brûle les réserves et la fin du parcours a raison de mes avant-dernières forces et la transition à pied est douloureuse, le second souffle n’est jamais arrivé, j’ai dû me contenter du premier. Le parcours joue aux montagnes russes autour du lac O-See et j’ai hâte d’en finir. Au final 40ème au scratch sur 200 classés, moins bien qu’à Xonrupt. Mais 2ème chez les S4, nouveau podium, et re-qualif pour Maui, celle-là c’est pour l’égo. Et notre petit camarade de chambrée Marvin finit gentiment 5ème du scratch, s’il vous plait, après avoir déposé tous les favoris et posé le VTT 1er. Il sera 3ème jusqu’à 1 km de la fin. Pas mal petit !

 

Les manches du X-Terra (2/4)

JUILLET 2012 : Xonrupt le rêve se réalise sur un terrain glissant.

La première manche européenne avait lieu en Sardaigne en mai. Ce n’est pas l’envie qui m’a manqué de participer mais le budget n’est pas illimité. Au soleil de la Méditerranée j’ai préféré le temps incertain des Vosges avec de la pluie la veille de la course et un parcours VTT, comment dire, peu indiqué pour des débutants. 42 km avec 1600 m de dénivelé positif, certains pros ont avoué qu’ils auraient aimé n’en faire que la moitié. Ajoutons à cela un terrain rendu très glissant et des difficultés techniques, en montée et en descente et nous obtenons un parcours dit « sélectif ». Au final cela me conviendra assez bien, mais je ne le sais pas alors.

Le site est beau, encaissé et sauvage, l’organisation est irréprochable, la famille Charbonnier connaît son affaire.

Au départ une douleur aux lombaires me fait mauvaise impression. Pour la natation, seuls sont souvent mentionnés le paysage et la température de l’eau, car en effet nager en lac présente peu de différences d’un site à un autre, aucun organisateur n’a encore lâché des requins pour corser le tout. Ce jour-là je nage mal, sors de l’eau loin de la tête de course et ma transition se fait vite et mal : je pars du parc sans mon ravitaillement. Je m’en aperçois trop tard pour faire demi-tour et je décide d’y aller quand-même, advienne que pourra. Les ravitaillements de l’épreuve sont heureusement parfaits et je prends tout ce dont j’ai besoin quelques centaines de mètres plus loin. Une mauvaise chute dans la première descente me fait vraiment penser que ce n’est pas mon jour…et pourtant. Après un VTT éprouvant et épuisant qui décime les rangs, je fais une très bonne course à pied et termine 27ème au scratch, devant bien des adversaires prestigieux. Et je décroche du même coup un titre de vice-champion de France en S4 et ma qualif pour Maui. Impensable, ni avant, ni pendant la course. Je mettrai 15 jours à réaliser et ne serai sûr de moi qu’en recevant le mail de confirmation. Un rêve se réalise.

Les manches du X-Terra (1/4)

SEPTEMBRE 2011 : une première manche anecdotique en Suisse à Prangins

Il faut avouer que la Suisse a des atouts majeurs question paysage : imaginez un lac bordé par des prairies bien vertes sous un soleil magnifique avec en toile de fonds les Alpes enneigées, il y a pire cadre pour une course. Pour ce coup d’essai je prends le départ sur la distance light le matin, 0,5-20-5 (km), un parcours VTT assez roulant avec un passage dans une rivière comme seule difficulté technique et une course à pied dans les champs et en sous-bois, très jolie et sans dénivelé. Après une natation avec le groupe de tête je prends rapidement la tête de la course en VTT, à ma grande surprise, et je dois ouvrir le chemin.

Les helvètes sont plutôt cool et le fléchage n’est pas très bon. Après un temps bien trop court je me retrouve avec deux autres concurrents de retour au parc à vélo et je réalise que nous avons coupé le parcours sans nous en rendre compte. Trop tard pour faire demi-tour, nous poursuivons à pied et terminons 1er, 2ème et 3ème virtuels d’un podium qui durera quelques minutes avant que les autres concurrents n’arrivent. Le responsable de la course vient immédiatement vers moi, se laisse expliquer le problème (en allemand) et admet sans difficulté la défaillance du fléchage. Il me propose directement de m’inscrire l’année suivante sur la distance de mon choix.

Pour cette fois donc pas de podium mais l’envie furieuse de revenir et d’essayer d’y figurer pour de bon en 2012. Un copain m’avouera après la course que m’avoir vu dans le parc avec la course finie alors qu’il revenait seulement du VTT lui avait un peu sapé le moral. C’est pourtant ce qui arrive lorsque je fais une course avec les pros qui me prennent au moins un tour à pied. C’est pas juste.