Les artisans du succès : l’entraîneur

professeur-et-entraineur-ShifuRègle numéro un : à ton coach tu obéiras. Règle numéro deux : si tu es fatigué, voir règle numéro un.

Prendre un coach c’est décider de s’en remettre à quelqu’un de confiance pour gérer l’entraînement et progresser. Quelqu’un qui a de l’expérience et qui reste objectif. Quelqu’un qui sait qu’on souffre en s’entraînant dur mais qui va vous motiver et ne pas laisser vos doutes prendre trop de place. Quand Vincent a accepté de me construire un plan d’entraînement pour aller chercher une place à Maui, il m’a dit « OK mais tu seras peut-être surpris et tu devras te conformer à ce que je te demande de faire. Tu te demanderas sûrement pourquoi tu dois faire çà et tu auras aussi des doutes parce que tu n’as pas l’habitude de travailler comme çà. Tu devras apprendre à travailler autrement ». Alors moi j’ai cru que j’allais en baver et faire des séances très dures, très intenses, très physiques. Eh ben non. Vincent m’a appris à travailler à la bonne allure, à la bonne fréquence cardiaque avec le bon objectif au bon moment dans la saison. Alors que moi je travaillais dur, certes, mais n’importe comment et toujours à des allures intermédiaires. Il m’a appris à récupérer, à planifier une performance, à faire des essais, quitte à sacrifier une course pour pouvoir tester un enchainement. Et avoir des sensations. Et devenir performant.

Vincent est un autodidacte. Passionné de sport, mais aussi de musique, père de famille, bricoleur et monteur de roues hors pair, il vit ses passions à fond et de front avec sa vie personnelle. Jamais avare de conseils, généreux dans l’effort, il est duathlète de haut niveau et a déjà brillé en bike and run international. Il est exigent et ne laisse rien au hasard. Quand je dis que j’ai couru un km/h plus vite que le plan je me fais rappeler à l’ordre : » respecte les allures, c’est en course que tu devras accélérer « . Je travaille depuis fin novembre avec ses plans  avec l’objectif de sortir LA course à pied le jour J, à Maui. J’ai déjà beaucoup appris mais je mesure aussi chaque jour la distance restante. J’ai progressé et j’ai envie de progresser encore. Le secret d’un coach réside là : savoir doser l’entrainement pour stimuler l’envie du coureur à progresser et lui permettre d’accroître ses performances. C’est un binôme à distance, et il fonctionne. Le dimanche soir on se raconte nos courses et on échange sur la semaine écoulée. On parle matos et projets. Une vraie relation. Et de vrais résultats. Je pars pour gagner, mais si je ne gagne pas j’aurai appris et partagé avec un passionné. Et ça vaut de l’or.

Les artisans du succès : Roger Elandaloussi

fotor_camera_jpg(149)Roger est le père d’une collègue de travail qui un jour vient me voir et me dit : « Tu sais ce que tu fais intéresse beaucoup mon père et il aimerait en parler avec toi« . Je suis poli, je dis oui. Et la semaine suivante elle insiste. Alors je prends son numéro et je l’appelle, sans trop savoir ce qu’il pourra bien faire pour moi. Et Roger m’explique:  » Je suis dans le sport, j’aime travailler avec les sportifs motivés pour les aider à atteindre leurs objectifs« . Je lui dis alors que j’ai déjà un coach spécialisé vélo course à pied mais ça ne fait rien, Roger me propose de me rencontrer pour causer un peu natation. Rendez-vous est pris à Bruyère dans les Vosges un samedi après-midi.

Roger est maitre nageur de formation, capitaine des pompiers, travaille au service des sports, fait du coaching bénévole, s’intéresse à la médecine chinoise, à la nutrition et fait partager ses connaissances à ceux qui en ont besoin. Un bon samaritain. Roger regarde, sourit et met en confiance. Il sourit gentiment quand je lui dis que j’aurais besoin de plan pour progresser sur 1500 mètres. Il me propose de nager d’abord et de voir ce qu’il peut faire pour moi. Au bout de 3 minutes, son sourire s’agrandit. Il a vu.  « On va faire quelques éducatifs si tu veux bien« . Il sait. Je nage par 25 mètres avec Roger qui me suit au bord du bassin et qui commente tout mes gestes. Pas une minute de relâche. Au bout d’1h15 je suis sec, vidé, épuisé. Roger sourit encore. « Alors tu veux toujours des plans pour le 1500 mètres ? » Je dois d’abord apprendre à nager avant d’essayer d’aller vite. Et ça marche. Je travaille sur ses éducatifs le mois qui suit et de manière spectaculaire je nage plus propre, plus détendu. Plus vite. Je suis allé voir Roger 3 fois en tout et il a profondément remodelé ma technique de nage avec de simples observations et des exercices éducatifs correspondants, adaptés et progressifs. En tant que pédagogue je suis impressionné  par l’efficacité de la méthode. Toujours avec le sourire, toujours avec simplicité et modestie: c’est çà Roger.

Parler avec lui c’est écouter une histoire, il travaille avec des filles du tennis, avec des femmes en surpoids, avec des jeunes handballeurs, rien ne lui fait peur, il relève les défis avec le sourire et une énergie sans faille. Son secret ? C’est un passionné. Et rencontrer des gens comme Roger donne envie de se défoncer pour tout donner et le rendre fier d’avoir cru en nous. Alors je sais ce qui me reste à faire à Maui. Surfer la vague et suivre les dauphins.

Les artisans du succès : le médecin

jackyJacky Maillot est un personnage surprenant : médecin généraliste depuis plus de 25 ans, chacune des discussions avec lui dévoile un peu plus son parcours multiforme et passionné. En plus de sa pratique de médecin généraliste reconnu il a participé à toutes sortes de compétitions, suivi toutes sortes de sportifs et se trouve aujourd’hui être le médecin référent d’une  équipe cycliste professionnelle avec qui il part 150 jours par an en formation ou sur les courses. Nombre de sportifs professionnels s’adressent à lui pour la qualité de ses conseils et diagnostics en suivi médical, traumatologie du sport, nutrition, préparation physique ou posturologie,  et il connait les spécialistes à consulter pour trouver des solutions techniques comme des semelles orthopédiques de qualité ou des soins de kiné adaptés à la pratique sportive de haut niveau. Il s’est par exemple  équipé d’un appareil de mesure des constantes cellulaires qui permet de connaître en quelques minutes l’état physique d’un sportif et de corriger des manques comme l’hydratation avant une compétition et il a aussi suivi une formation d’ostéopathie.

Jacky est un médecin mais il sait aussi prendre le temps pour écouter et rassurer le sportif que je suis qui est un patient plein de doutes et de questions. Il est calme, discret et sait trouver les mots justes pour me permettre de continuer ma route sans me décourager malgré les embûches. Le mental est primordial pour un sportif qui doit sans cesse se motiver pour répéter encore les gestes qui le feront aller plus vite malgré les douleurs, la fatigue ou les échecs. Je réalise que mon médecin est plus que cela, il m’accompagne dans mon aventure sportive, prend part à mes projets et lorsque j’atteinds mes objectifs c’est aussi grâce à lui et il partage ma joie.   C’est un partenaire.  Jacky adore le vélo,  il n’a malheureusement pas le temps de beaucoup pratiquer à cause de son emploi du temps mais il est dur à lâcher sur le plat !

 

 

 

Les artisans du succès : le kiné

Cette rencontre est un concours de circonstances : peu avant la finale à Maui en 2012, un étirement trop brutal après une séance de course à pied m’a provoqué une vive douleur aux ischios-jambier.  De peur de me voir interdire la course par le médecin je n’en ai parlé que de retour d’Hawaii pour avoir le diagnostic : déchirure d’un muscle, repos obligatoire et séances de kiné pour traiter la blessure. J’ai ainsi fait la connaissance de  Thierry Ziegler qui est devenu depuis un partenaire de mon aventure et

thierry

un ami, au cours de chaque séance hebdomadaire depuis le mois de janvier sur mon muscle blessé.

Thierry exerce à Roye et la première chose qui frappe chez lui c’est son sens de l’écoute et la qualité de sa prise en charge : je me suis senti en confiance  avec une personne bienveillante. Il  utilise les techniques de Maizières, un travail global sur le corps qui est considéré comme une chaine entière. Je réalise aujourd’hui que cette prise en charge régulière depuis 6 mois m’a permis de rééquilibrer tout mon corps en plus de traiter de manière spécifique mon traumatisme. Je n’ai plus mal au dos, mes jambes fonctionnent mieux et je dispose d’exercices d’étirements pour récupérer plus vite après une séance d’entrainement ou une course.  Mon corps a progressé et c’est toute ma posture qui s’est modifiée. Thierry a provoqué une prise de conscience,  mon corps devait être écouté et entendu.

Les affinités personnelles ne se commandent pas et elles n’en sont que plus appréciables. J’ai rencontré un professionnel consciencieux, disponible et sensible  avec qui je partage un sens profond des valeurs : l’écoute, le respect, l’amitié. Une belle rencontre.

 

A venir : le médecin du sport Jacky Maillot

 

Au coeur de l’entraînement

La préparation pour le championnat du monde est une aventure qui se vit au quotidien. Des heures à la piscine à enchaîner les longueurs après avoir transpiré durant la séance de renforcement musculaire, des sorties entre midi et deux pour courir ou rouler autour de Lure. Des doutes et des envies, aussi. Des privations et des soucis. Mais au final une belle récompense de voir ce projet aboutir et la date du départ approcher.

Les billets d’avion sont réservés, reste le choix de l’hôtel, l’achat de la valise pour transporter le vélo. La nouvelle trifonction noir et rouge va être floquée du sigle STPI… Une foule de choses à préparer, mais il ne faut surtout pas négliger l’entraînement, le plus important pour arriver là-bas au meilleur de sa forme…

Pour vous rendre compte, cliquez sur la vignette pour visualiser une vidéo résumant ce petit plaisir qu’est celui de se faire mal dans l’effort, mais quand on aime…

Coach, j’ai une course dimanche, comment je m’entraîne ?

Tout d’abord, tu es en période de compétition, et cela dure de mi-mai à mi-septembre la plupart du temps, donc il est difficile d’avoir une forme optimale durant un laps de temps aussi long. Il faut donc te fixer des objectifs principaux, des objectifs secondaires et des périodes de repos.

Si tu cours tous les week-end comme en ce moment, voici mon conseil.

  • Lundi : séance décrassage, 1h30 vélo cool sans forcer.
  • Mardi : 1 h course à pied avec exercices techniques, 1 h natation
  • Mercredi : séance longue vélo et enchaînement course à pied (2h + ½ heure)
  • Jeudi : 1 h course à pied intensités (ou fractionné) et 1 h natation avec séries
  • Vendredi : repos
  • Samedi : enchaînement court vélo course à pied sans intensité (1h + ½ h)
  • Dimanche : réveil musculaire ½ h natation cool puis échauffement sur circuit compétition (1 tour vélo et 15 min à pied).

Et la course à fond. Et rebelotte lundi. Bonne chance.

Et le reste de l’année coach, je dois faire combien par semaine pour être au top ?

Il y a plusieurs choses que je te conseille. D’abord il faut varier les entraînements pour ne pas se lasser et garder de la motivation et du plaisir : le ski de fond ou de rando en hiver par exemple, ou le roller au printemps. Ensuite il faut varier les séances et alterner endurance, vitesse, VMA, renforcement etc… Il faut écouter son corps pour ne pas se blesser, mais pas trop quand-même pour y aller même quand on a la flemme. Il faut surtout être régulier.

Un planning hebdomadaire pourrait contenir 3 séances de natation (dont 1 avec renforcement musculaire), 3 séances de course à pied (dont un fractionné et un renforcement musculaire) et 2 séances de vélo d’au moins 2 heures. Le travail de gainage et de technique est primordial pour aller vite après. Tu peux faire une séance mixte bike and run à 2 personnes qui te permet de faire 2 heures au lieu d’une. Tu peux aussi enchaîner très tôt vélo et course à pied pour te préparer à cette transition difficile.

C’est tout ? Les pros s’entraînent 25 heures par semaine et moi je ne fais que 10 heures ?

Tu n’es pas un pro ne l’oublie pas, tu n’as pas la même disponibilité et ton corps doit récupérer. La charge d’entraînement ne peut et ne doit être augmentée que progressivement. C’est la régularité qui prime. Patience petit…